Rechigner (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on éprouve. "Qu'avez-vous à ? Il rechigne toujours. Il fait les choses de mauvaise grâce et en rechignant. Il a rechigné à cette proposition." Il est familier.
Le participe passé s'emploie adjectivement. "Une petite vieille rechignée." On dit de même "Un visage rechigné. Une mine rechignée."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 


Terme familier. Donner des marques de refus, de dégoût, d'aversion, par une grimace qui porte principalement sur la lèvre.
RÉGNIER: « Qui toujours rechignait et reprenait toujours »
LA FONT.: « Le malheureux.... Mange [un ail] et rechigne ainsi que fait un chat Dont les morceaux sont frottés de moutarde »
VOLT.: « Son vieux père Dignant Semble accorder sa fille en rechignant ; Et cette fille, avant d'être ma femme, Paraît aussi dans son âme »
J. J. ROUSS.: « Après le déjeuner, je me hâtais d'écrire en réchignant quelques malheureuses lettres »
    Rechigner à. Il rechignait à faire cela. Rechigner à une proposition.
TH. CORN.: « Qui nous flattait amant, nous rechigne mari ; Le flambeau d'hyménée amortit bien sa flamme ; La plus belle maîtresse est une laide femme »
    On dit aussi : de, avec un infinitif.
J. J. ROUSS.: « Quand on m'offrait quel que place vide dans une voiture, ou que quelqu'un m'accostait en route, je rechignais de voir renverser la fortune dont je bâtissais l'édifice en marchant »
    Terme de jardinage. Se dit des plantes et des arbres qui languissent, qui ne poussent pas vigoureusement.
    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. p. 200: Et par la grant angoisse touz les dens requigner
    XIIIème siècle
     Ren. 1101: Et Ysengrin escout la teste Et rechine et fait lede chiere
     ib. 17287: Forment se prist à aïrier, Durement recinne et se lieve
     la Rose, 9132: Car quant ge vous voil embracier Por besier et por solacier, Et sui plus forment eschaufés, Vous rechigniés comme maufés
    XIVème siècle
     Ménagier, I, 5: Quantes dames est il maintenant qui le feissent, ne qui vesquissent si paisiblement que, quand l'une l'aroit, l'autre n'en rechignast et murmurast ?
DU CANGE: « Son mary la commença à blasmer et rechignier, en lui disant que ce n'estoit pas fait de femme de bien, de laisser son hostel à telle heure »
    XVème siècle
     Mir. de Ste Genev: Ne soyez fel ne orgueillieux, Ne rechinant, ne pareceux ; Parlez pou, mes [mais] bones paroles
BASSELIN: « Qui songe en vin ou vigne, Est un presage heureux ; Le vin à qui reschigne Rent le cueur tout joyeux »
    XVIème siècle
RONS.: « Il estoit rechigné, hargneux et solitaire »
MONT.: « Pensezvous que les vers de Catulle ou de Sappho rient à un vieillard avaricieux et rechigné ? »
MONT.: « En nostre siecle, elles [les femmes] reservent plus communement leurs bons offices et la vehemence de leur affection, envers leurs maris perdus.... leur [chagrin] est odieux aux vivants, et vain aux morts »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. rechigné, grincer (et rechigné bé for dé dan, MIGNARD, p. 456) ; Berry, , relever la lèvre supérieure en montrant les dents ; provenç. rechinar, rechinhar ; espagn. rechinar. Diez le rattache à rêche ; cette étymologie va assez bien au sens moderne, mais elle ne va pas au sens ancien qui est montrer les dents. Rechigner paraît formé de re, et chigner ou quigner, répondant à l'italien ghignare, qui signifie sourire avec malice, et dérivant du vieux haut allemand kînan, ou chînan, sourire. De là vient le sens de relever la lèvre, détourné ensuite à celui d'une grimace maussade.
SCHELER: « Il y a un autre , plus souvent rechaner, qui signifia crier, faire entendre un bruit, un son ; que le mot doive être décomposé en re et chigner, cela est prouvé par cette glose : gannionem, chinur Scheler, qui l'a trouvée, pense que ce chigner répond au latin canis, chien. »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on éprouve. "Qu'avez-vous à ? Il rechigne toujours. Il fait les choses de mauvaise grâce et en rechignant. Il a rechigné à cette proposition. C'est un homme qui rechigne à tout." Il est familier.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on a. "Qu'avez-vous à ? Il rechigne toujours. Il fait les choses de mauvaise grâce et en rechignant. Il à rechigné à cette proposition. C'est un homme qui rechigne à tout". Il est du style familier.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on a. "Qu'avez-vous à ? Il rechigne toujours. Il fait les choses de mauvaise grâce & en rechignant." Il est du style familier.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

[1re "e" muet":" mouillez le "g": 3e "é" fer.] Témoigner par son air ou par quelque grimace, sa mauvaise humeur, sa répugnance. 'Qu'avez vous à "rechigner": il "réchigne" toujours: il fait tout "en rechignant": visage "rechigné"; mine "rechignée": une petite vieille "rechignée". St. famil. et critique.
   Sied-il bien de montrer, un premier jour de noce,
   Un air si "rechigné", si sombre et si féroce?
       Rouss.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Tesmoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin qu'on a. "Qu'avez-vous à ? il rechigne tousjours. il fait les choses de mauvaise grace, & en rechignant".




Emplacement dans le dictionnaire :

rechauffer
rechausser
rêche
recherchant
recherché
recherche
rechercher
rechercheur
rechignement

rechute
rechuter
recidive
récidive
récidivé
récidiver
recidiver
récidiviste
récif
récipiendaire
recipiendaire


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